De l’insécurité à Roquemaure

Quand on discute avec des gens non résidents de Roquemaure, la chose la plus fréquente qui arrive au sujet de notre village, c’est son insécurité, sa réputation de centre ville mal famé où il faut être inconscient pour se rendre après 19h.

Il m’est arrivé de sortir et d’aller au centre ville le soir, seule ou non, pour retirer de l’argent, acheter une pizza, aller au restaurant ou encore aller boire un thé à la menthe, et je n’ai jamais eu le sentiment qu’un quelconque danger me guettait. Non… Roquemaure n’est pas un coupe-gorge !

J’y ai vu quelques jeunes, un peu bruyants, désœuvrés, qui tuent le temps ensemble. Et si le voisinage est incommodé par le bruit généré, il me semble que les choses devraient pouvoir s’arranger (comme les relations de voisinage) par des discussions, des échanges sereins. La question à se poser est peut-être « que pouvons nous proposer à ces gamins, qui donne un sens à leur vie ? ».

 J’y ai vu, aussi, des jeunes qui circulent en voiture de manière insupportable pour un centre ville (ou même ailleurs), insouciants des risques qu’ils représentent pour les piétons, les enfants qui pourraient être leurs frères et sœurs. Mais là, c’est avant tout le boulot de la gendarmerie et de la police municipale, garants de l’ordre public, d’intervenir. Qu’elles le fassent. Avec discernement assurément. On peut aussi envisager la discussion et la prévention avant la répression. Les deux sont nécessaires. Comme pour l’éducation que nous donnons à nos enfants. Avec la différence, que si dans la famille, l’amour se doit de prévaloir, la République et ses représentants doivent assurer la liberté et la sécurité de tous les citoyens. Il convient par conséquent d’être intraitable avec ceux qui ne veulent pas comprendre.

Une fois ces choses abordées et dites, je voudrais vous parler d’un autre type d’insécurité. Celle qui me paraît être la plus criante dans notre village. Encore faut-il en prendre conscience. Je vais donc tenter de vous la faire toucher du doigt.

Il y a quelques mois, j’ai croisé à la boucherie de notre village une dame d’un certain âge arborant un énorme hématome couleur de l’arc-en-ciel qui lui mangeait un côté du visage. L’arête de son nez avait une énorme croûte. « Que vous est-il arrivé ? », lui ai-je bien évidemment demandé.

« Oh, je me suis juste étalée de tout mon long dans la rue un soir en rentrant chez moi. Vous savez, j’ai l’âge de mes articulations et je lève donc moins haut mes pieds » m’a-t-elle répondu avec un fatalisme souriant.

Quelques temps après, ma mère (77 ans), qui s’était cassé le col du fémur à l’automne, est venue passer quelques mois chez moi, le temps que des aménagements soient réalisés à son domicile.

Dans son programme de remise en forme postopératoire, il fallait qu’elle marche, et, munie d’un déambulateur à roulettes, elle s’est souvent rendue au centre ville pour faire de menues courses, ou aller au marché. Je l’ai accompagnée la 1ère fois et franchement je peux vous affirmer que circuler en tant que piéton dans le centre ville de Roquemaure est un véritable parcours du combattant !

L’âge de mes articulations ne se fait sentir chez moi qu’après quelques heures de randonnée. Par contre, je sais que pour trébucher, il faut au moins 2 choses : lever moins haut les pieds et aussi rencontrer un obstacle.

Roquemaure centre, c’est : trottoirs réduits à peau de chagrin, chaussées déformées ou rapetassées à la petite semaine, stationnements mis dans les rues de telle manière qu’un piéton est obligé de slalomer d’un bord à l’autre et donc de se retrouver au milieu de la rue, obligé aussi de se presser par conséquent sous la pression d’automobilistes impatients.

Alors oui, j’ai pris conscience de cette réelle et énorme insécurité existant dans les rues du centre ville de mon village. La municipalité a le devoir de veiller à la sécurité de ses habitants. Celle des piétons, qu’ils soient âgés, handicapés, parents d’enfants jeunes ou en poussette ou même piétons en pleine possession de leurs moyens n’a visiblement pas été prise en compte.

Marion PROCHAZKA

Quelques photos explicites:

Les piétons et les voitures rue de la liberté (stationnement alterné):

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Se rendre au marché place de la Pousterle:

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Une petite vidéo ?

Revenir du marché:

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Aller, une autre vidéo:

De l’église vers la rue Carnot:

Des places pour les voitures ou faciliter le passage des piétons?

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Avenue de la Gare:

Sens unique mais 2 couloirs réduits de chaque côté pour les piétons et les voitures au milieu…

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Au croisement avenues de la Gare, Pierre Semard et rue Jean-Jacques Rousseau: à pied, en poussette ou en déambulateur…

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C’est amusant, les chicanes, surtout pour les poussettes

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Et puis, c’est plus facile de mettre un poteau au milieu du trottoir que de demander au propriétaire de la maison de droite si l’on peut fixer un panneau sur sa maison.

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Et quand on fait des travaux, pourquoi s’embêter à remettre les pavé correctement

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Bon… mais vous direz: « Tout cela n’est pas forcément de la responsabilité de l’équipe sortante et puis il y a l’usure de la voirie. On ne peut pas faire tous les travaux en une mandature ». Vous avez raison….

Hélas, même sur les derniers aménagements, alors que de larges trottoirs ont été réalisés sur la route de Nîmes, Il y a ça:

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Qu’aurait financièrement représenté par rapport au montant global du marché des travaux, l’agrandissement du trottoir au dessus du fossé pour permettre le passage facile des piétons. Et passons sur le fait qu’il n’y a aucune protection au dessus du muret qui doit faire 30 centimètres de hauteur.

Il ne s’agit là que de quelques exemples parmi la quantité pléthorique des problèmes de notre cité.

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Un commentaire pour De l’insécurité à Roquemaure

  1. Souque Christine dit :

    Reportage photo et vidéo « amusant »… A refaire avec un fauteuil roulant, et là, ce sera franchement hilarant!
    Ce n’est pas la faute à la municipalité sortante, ok, le problème est plus ancien. Rapetasser les rues à la petite semaine, ce n’est pas nouveau, mais ne pas penser à faire mieux en plus propre et plus sécurisé, c’est négliger une partie importante de la population

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