Un vendredi après midi 30.08.2013 à Nîmes contre les gaz et huiles de schiste

En préambule, certains pourront penser que cette prise de position n’a rien à faire sur le blog d’une liste aux élections municipales. Tel n’est pas mon avis. Les citoyens qui décideront de voter pour notre liste doivent savoir que nous défendons une certaine idée de la société plus écologique, et, nous devons les informer sur la manière dont notre pays est gouverné, que nous ne sommes pas dupes et que nous restons en éveil. Notre façon de voir les choses aura forcément une incidence sur notre manière de gérer la ville.

Nous étions vendredi après midi (voir reportage TV Languedoc) en famille pour manifester contre les gaz et huiles de schiste à l’occasion de la remise aux maires du bassin d’Alès du rapport Deroin par le Préfet du Gard (un lien vers les collectifs anti gaz de schiste).

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Nous étions un millier ce qui est pour un Vendredi après-midi une forte mobilisation.

manif gaz de schiste nîmes 30.08.2013

Parmi nous, quelques « oiseaux de passage », chers à Brassens, descendus des Cévennes dans leurs fourgons délabrés. Ces jeunes habillés de vêtement colorés, en saroual, torses et pieds nus, grimés, avec pour  accessoires nez de clowns, djembés, accordéons, flutes, armés de flacon de bulles à savon et d’argile mouillée. Ces enfants de notre monde qui refusent notre monde. Ces enfants aux drôles de coiffures que nous regardons avec distance parce que nous nous demandons s’ils vont vivre comme cela toute leur vie. Ces enfants que nous regardons avec envie aussi (peur pour certains) parce qu’ils ont l’air d’être heureux de vivre de la pluie et du beau temps, qu’ils ont l’insouciance, le courage d’essayer de vivre différemment. Ces jeunes qui ont mis une ambiance festive à cette manifestation, ont dansé devant la préfecture et que nous avons suivi dans une farandole/chaîne humaine autour de la préfecture et du conseil général. Une manifestation sans violence.

La presse dans son ensemble s’est contentée de reprendre la dépêche AFP (voir , , ou et encore )

Je crois qu’une mise au point mérite d’être faite.

Il est écrit dans la dépêche : « Le vice-président «exploration» de MouvOil, Max Bordenave, a affirmé en sortant de la réunion de présentation: «On ne s’intéresse pas au gaz de schiste, ce qui nous intéresse c’est l’huile et le pétrole», ajoutant «nous n’avons strictement rien à voir avec la fracturation hydraulique. Cette manifestation ne nous concerne pas.»

Mais les opposants au gaz de schiste sont tout aussi opposés aux huiles de schiste, de pétrole et même puits de pétrole (si c’était possible). Ce qu’ils veulent, c’est que notre pays prenne technologiquement de l’avance et que l’argent mis dans la recherche sur les énergies fossiles soit mis dans les énergies alternatives, les économies d’énergies dont la rénovation des logements.

Il est également écrit : « Dans la soirée, la préfecture du Gard déplorait dans un communiqué de presse «des dégradations matérielles (tags, voiture de police dégradées -pneus crevés et rayures-) et des échauffourées entre des manifestants et les forces de l’ordre» précisant que «quatre fonctionnaires de police et un gendarme avaient été blessés alors qu’ils tentaient d’interpeller un des auteurs des dégradations». »

Pour être restés devant la Préfecture et avoir suivi les « oiseaux de passage » jusque devant le commissariat après 19h00, voilà les faits tels que l’on peut les décrire (de ce que nous avons vu, entendu et interrogé) :

Pendant que les élus étaient dans la Préfecture et que nous manifestions à l’extérieur dans les rues avoisinantes, certains sont montés aux grilles pour accrocher des banderoles,  d’autres écrivaient des slogans à l’argile sur les panneaux ou les vitres et une faisait la même chose avec de la peinture (geste en soi répréhensible, impossible de vous dire si la peinture était à l’eau ou à l’huile).

Apparemment, cette femme a été repérée par la police nationale et des policiers (en civil) ont tenté de l’arrêter. Des manifestants sont intervenus pour empêcher l’interpellation. L’action de la police a été musclée, courte (moins de 5 minutes) et violente. La femme et un des manifestants qui s’était interposé ont été infiltrés dans la préfecture. Un homme qui ne faisait pas partie de ceux qui s’interposaient a pris un coup de matraque à la tête, il saignait, et il a fallut appeler les secours. Une femme souffrait de sa main suite aux coups reçus. Les policiers ayant abandonné leur véhicule dans la rue au milieu des manifestants, les pneus ont été crevés (geste d’exaspération également répréhensible).

Voilà les échauffourées dénoncées par la Préfecture. Moins de 5 minutes. Des policiers en civil (donc habitués à se frotter aux voyous) armés de matraques et équipés de gilets pare-balles face à quelques manifestants aux mains nues qui s’interposent égal cinq blessés de leur côté. Il faut penser qu’il y a des formations qui se perdent dans le maniement de la matraque pour être maladroits au point de se donner des coups.

 Questions : De quel côté était la violence ? Qui avait intérêt à provoquer cette échauffourée ? Qui avait intérêt à diffuser ce communiqué pour tenter de discréditer la manifestation?

Si la police n’était pas intervenue de cette façon, il n’y aurait eu comme dégradations que deux panneaux du conseil général peints en vert pâle.

Croyez bien que la confiance que nous pouvons avoir dans notre démocratie en prend un sacré coup, quand, simples citoyens, nous sommes témoins de ce genre d’évènements, de la mauvaise foi des autorités et de la retranscription qu’en font les médias. La raison de la défiance de deux tiers des français sur une intervention militaire en Syrie est peut être aussi à chercher de ce côté : Qui dit la vérité ?

Les deux interpellés ont été conduits en garde à vue au commissariat. L’une pour dégradation et l’autre pour refus d’obtempérer (il refusait de communiquer son état civil).

Nous espérions que les élus interviendraient, conformément à leurs dires, pour les faire libérer au plus tôt. J’ai même entendu le député Verdier dire : « bon… aller… j’y vais… pour les faire sortir… »

Nous avons attendu quelques temps devant la préfecture et comme nous n’avions aucune nouvelle, nous avons été quelques uns à nous décider de nous rendre au commissariat. Là, un comité d’accueil d’une trentaine de policiers (dont un photographe) bloquait l’entrée. Nous étions environ soixante manifestants à attendre la libération. Les policiers nous ont repoussés du parking et comme nous restions devant l’entrée et sur les trottoirs autour du commissariat, ils ont finit par nous dire qu’ils avaient convenus avec le procureur que la « peintre » allait être libérée sous 10 minutes et que si nous quittions les lieux, la « forte tête » serait également libérée rapidement. Un des manifestants est resté pour suivre les opérations et nous avons quitté les lieux un peu après 19 Heures.

La plupart des manifestants sont partis en faisant confiance aux élus pour la libération des deux interpellés.

Parmi la soixantaine devant le commissariat, il y avait bien une quarantaine de ces « oiseaux de passage » et une vingtaine de citoyens plus… « conventionnels ». Il est certain que les interpellés et les « oiseaux de passage » ne présentaient aucun intérêt pour les élus. Et nous étions trop peu nombreux électeurs… Je suis même certain qu’il y aura de ces élus de la République pour dire que certains de ces « manifestants incontrôlés » nuisent à la cause sans avoir cherché à savoir et à comprendre ce qui s’est réellement passé. Et qu’ils ne viennent pas dire que je fais du populisme.

Il est à penser que si nous ne nous étions pas rendus devant le commissariat les interpellés auraient eu droit à leur 24 heures de garde à vue. Il y a aussi de fortes chances qu’ils rejoignent devant les tribunaux les Xavier Mathieu et autres Sébastien Migliore qui avait, lui, blessé des gendarmes avec des œufs. Pour les oligarques qui nous gouvernent, il faut faire des exemples pour que le bon peuple reste à la maison.

Luc Rousselot

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