Et si on parlait un peu des cantines scolaires … (2ème partie)

On ne peut pas parler des cantines scolaires sans être amené à aborder le sujet de la laïcité.

A Roquemaure comme en bien d’autres endroits, il est fait l’amalgame entre religion et culture et sous couvert de principe de laïcité on rejette une simple différence culturelle. Dans les cantines scolaires gérées par la municipalité, il n’est jamais proposé aux enfants d’origine maghrébine une alternative au porc sous prétexte que la mairie applique le principe de laïcité.

Il m’est culturellement impossible de manger du cheval, du chien ou du chat, il est culturellement impossible aux anglais de manger du lapin ou des escargots. Il est culturellement impossible aux personnes de culture  nord africaine de manger du cochon.

Je ne connais pas la proportion d’enfants qui ne mangent pas de porc à la cantine mais ils sont suffisamment nombreux pour que la mairie doive les prendre en compte et leur proposer  une autre source de protéine. Par contre une demande de viande halal est une exigence religieuse. Là, le principe de laïcité doit être appliqué et la demande rejetée.

On pourrait aussi envisager de proposer à tous un repas végétarien  équilibré en protéines végétales, de façon régulière, indépendamment de la question du porc.

En ces temps de crise, où les fins de mois difficiles commencent de plus en plus tôt pour beaucoup de nos concitoyens, c’est la part de l’alimentation qui est la première à être rognée. Il est du devoir de la municipalité de fournir des repas équilibrés de qualité à tous les enfants sans distinction culturelle.

Par ailleurs, il m’est revenu aux oreilles que les enfants d’origine maghrébine étaient séparés des autres les jours de repas avec du porc. Je ne peux pas vérifier par moi-même ces dires. Je ne sais pas comment, par qui et pourquoi c’est fait mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose de pointer ces enfants comme étant différents. Cela ne peut que favoriser le communautarisme et le repli identitaire.

Comment attendre et exiger de ces enfants quand ils auront grandi, qu’ils respectent la loi républicaine, si la devise qui est inscrite aux frontons de nos mairies Liberté, Égalité, Fraternité ne s’applique pas à eux.

Marion Prochazka

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