Huguette BATTESTI

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Je suis née en 1940. Mes parents étaient employés de maison.

Après le décès de mon père en camp de travail  en Allemagne, j’ai obtenu le statut de «pupille de la nation», ce qui m’a permis d’avoir un tuteur, une bourse, d’aller jusqu’au BAC et d’embrasser la profession d’enseignante.

 

J’ai pu voyager grâce à la coopération à l’étranger, période pendant laquelle je me suis enrichie d’expériences diverses dans un pays étranger à ma culture (le Maroc).

Depuis je prends un certain recul face aux problèmes de société en Europe et je relativise.

Nos collégiens marocains, très pauvres mais très motivés, travaillaient souvent dehors la nuit, à la lumière des lampadaires.

Que penser de ces enfants super équipés, qui n’ont pas une once de curiosité, qui sont la proie de la société de consommation, qui ne savent pas marcher pour se rendre à l’école, enfants rois …..

 

De mon enfance, j’ai des souvenirs heureux de vacances dans les fermes de mes oncles et tantes.

Avec la bande de cousins, nous allions, entre autre, pécher des grenouilles dans une mare, armés d’une ficelle et d’un chiffon rouge  accroché  au bout en guise d’appât.

Avec la glaise des bords de l’eau, c’était l’atelier de poterie ….

Jeux libres mais  aussi devoirs : il nous incombait de nourrir les lapins, de désherber le jardin, de garder les vaches à la prairie, etc…

Le mercredi nous partions au marché  dans la voiture à cheval tiré par Gentil. On nous faisait confiance en nous donnant des responsabilités.

Ainsi nous avions le sentiment de rejoindre   le clan  des adultes. On  parlait rarement de corvées, il semblait naturel de participer  à l’économie familiale.

 

Pas de télé le soir mais des veillées autour des jeux de société ; des veillés de voisins venus rendre service en décortiquant les épis de maïs ou en enfilant les feuilles de tabac pour le séchage. Moments conviviaux, moments d’échanges, les femmes rapportaient les nouvelles glanées le matin, au lavoir …..

Je pense avoir transmis ces valeurs familiales à mes deux enfants.

 

J’ai enseigné à Roquemaure.

Avec une classe d’enfants ayant un décalage scolaire important.

Il a fallu de l’imagination pour obtenir leur adhésion à des projets : c’est ainsi que nous avons apporté Carmentran au village et que cette classe a pu participer à une classe de neige avec les grands de M. Roussel.

 

J’ai eu beaucoup de bonheur à travailler en maternelle. Là, j’ai découvert  que ces enfants avaient toujours soif d’activités. Mais un trimestre était nécessaire afin  que chacun assimile les règles de vie dans ce petit groupe de citoyens en devenir.

 

« Les Petits Lecteurs » est une association que nous, enseignants et parents, avons créée  pour affirmer l’importance du livre dès le plus jeune âge. C’était pour favoriser  la soif de  connaître, le sens de l’écrit, et, aider à surmonter les difficultés de l’apprentissage de la lecture au CP. Nous  savons bien que la maîtrise de la lecture est une porte grande ouverte à toutes les connaissances.

 

Je veux évoquer  les enseignants de maternelle qui, avec leur association nationale de bénévoles (AGIEM), font un travail remarquable pour éveiller nos petits à l’autonomie, à la vie en société :

        maîtrise de la langue parlée,

        maîtrise de son corps

        et surtout écoute de l’autre,

        prise de parole,

        libre choix des activités,

        respect de l’autre qui est différent de soi

Puis en primaire, on pourrait évoquer l’esprit du mouvement  «école Freinet». Il s’agit de parfaire cette recherche d’autonomie, de prise de responsabilité et d’éveil à la citoyenneté par des exposés, des débats, des projets, du travail personnel et du travail de groupe …

Ici, la compétition est abandonnée au profit du développement personnel et de la responsabilité.

Nos associations ont-elles les mêmes objectifs quand nous recevons des ados ?

Savoir ouvrir l’horizon des jeunes (en parallèle avec leurs réseaux sociaux), leur donner plus de responsabilités, c’est lutter contre ce débordement d’individualisme.

Notre village doit développer plus d’associations et plus de lieux de rencontre. Là, on  accepte l’autre dans toute sa différence, on peut  devenir vecteur d’actions solidaires, au lieu de se complaire en incivilités et autres dégradations du bien commun.

Notre «  village gaulois » protégé par son rempart, existe-t-il encore ?

Les français ne font plus beaucoup d’enfants et bien qu’ils soient dans le groupe de tête dans cette catégorie il sera encore  nécessaire de recourir à des informaticiens, des médecins, des ouvriers venant des pays de l’Est, du Maghreb, d’Afrique, d’Inde, etc…

 Inéluctablement, nos villages deviennent « colorés», ouverts à la diversité.

 

D’ailleurs, de tous temps la France a été traversée par des peuples venant de toutes parts .C’est sa force d’avoir su les accueillir, les intégrer et s’enrichir de leur diversité. Cette période de crise qui nous pousse à chercher des boucs émissaires, n’est pas une raison pour que nous nous renfermions  sur nous mêmes.

 

Je suis persuadée que le groupe de Luc Rousselot auquel j’adhère, répond à mes  attentes personnelles  pour redonner de la  vie  citoyenne à Roquemaure.

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