Le risque inondation

L’épisode Cévenol qui s’est produit la semaine dernière et ces images que nous avons eu l’occasion de voir (et de revoir… puisque les images du 3 Octobre 1988 à Nîmes ont également été remises en exergue), ces témoignages, doivent rappeler les élus que nous sommes à leurs responsabilités.

Cela fournit aussi l’occasion d’évoquer le risque inondation à Roquemaure.

 

Notre position face à ce risque :
Le risque inondation est un risque important à Roquemaure. Dans notre programme, nous avions affiché notre volonté de le limiter.
La candidature et l’élection de Luc Rousselot au Syndicat Mixte d’Aménagement des Bassins Versants du Gard Rhodanien (SMABVGR) pour la commune s’est inscrite dans l’objectif d’être informé, de pouvoir informer et d’agir.

 

Le constat :
Ces six premiers mois nous ont permis de prendre la mesure des difficultés.
Il semble, en fait, que contre les inondations, la meilleure solution soit de pouvoir garder l’eau au maximum là où elle tombe.
Depuis quelques siècles, l’homo-agro-industriel étant ce qu’il est, son action a été d’assécher les étangs et les marais, de s’installer prés des cours d’eau pour pouvoir cultiver.

Jusqu’à il y a peu, la faible valeur de ses biens a fait qu’il a considéré que les avantages tirés de la nature étaient plus importants que les inconvénients (notamment ceux des inondations).
La densité et l’urbanisation grandissantes ont accentué les phénomènes pluvieux.
Les urbains que nous sommes devenus sont de moins en moins enclins à accepter les éléments de la nature et leurs conséquences physiques, psychologiques et pécuniaires. Nous sommes plus tendres et nous avons plus à perdre que nos ainés.

Nous sommes devenus plus mobiles et nous avons perdu la mémoire des lieux. Depuis les années 70, nous avons construit sur des lieux que nous ne connaissions pas.
A Roquemaure, grâce à l’aménagement du Rhône, nous pensions être à l’abri de ses caprices (Et c’est en grande partie le cas). Le village s’est étendu vers le Sud. En direction des plaines de l’Hers et du Plan.

 

Que faire ?
La doctrine des autorités publiques est :
Dans le cadre du PAPI (Programme d’Actions de Prévention des Inondations) et du PPRI (Plan de Prévention du Risque Inondation)
1°/ De réaliser des travaux d’infrastructure pour réduire ou éventuellement faire disparaître les risques. Mais ces travaux doivent être réalisés à bon escient et les Analyses Coût Bénéfice (ACB) doivent être positives. C’est-à-dire que le coût des travaux ne doit pas être supérieur au coût des dégâts occasionnés par les inondations pondérés par la fréquence de leur survenue. Le facteur psychologique n’est bien entendu pas pris en compte dans ce calcul.
2°/ De permettre aux gens qui vivent dans des endroits dangereux de quitter leurs habitations et d’être indemnisés. Mais il faut que les endroits soient réellement dangereux et qu’il n’y ait pas la possibilité de réaliser des aménagements pour la mise en sécurité. Comme par exemple la construction d’un plancher en hauteur dans l’attente d’un hélitreuillage. Là encore, pas de prise en compte du facteur psychologique et de la perte des biens mobiliers.
3°/ D’aider les gens dans des sites inondables peu dangereux à se protéger. L’aide doit se traduire par le financement des études de mise hors d’eau et par l’aide au financement des travaux. Comme la mise en place de batardeau et de clapet anti retour pour éviter les remontées d’égout.
4°/ De communiquer aux habitants des zones inondables, la culture du risque. A savoir protéger en priorité leur vie ; mettre à l’abri les choses auxquelles ils tiennent, préparer leurs habitations contre le risque (batardeaux, clapet anti-retour, équipements électriques posés en hauteur), stocker de l’eau potable quand les épisodes sont annoncés. Le problème de ce dernier point est que les épisodes ne sont pas suffisamment fréquents pour que nous soyons prêts et opérationnels instantanément. Au bout de dix années où il ne s’est rien produit, nous avons, par exemple, fini par entasser des choses dans les zones à risque. Nous ne savons plus où nous avons fichu ce dernier batardeau qui nous manque pour que l’eau n’entre pas dans la maison ou bien les joints ont vieilli et ne sont plus opérationnels.
Dans le cadre des nouveaux PLU :
5°/ De limiter au maximum la construction dans les zones inondables (cela dépend de la hauteur d’eau) et de ne plus la permettre dans les zones dangereuses.
6°/ De faire en sorte que les nouvelles réalisations n’aggravent pas les risques d’inondation des équipements et constructions existantes.

 

Pour conclure:

Tout cela demande beaucoup d’études, de modélisations, d’estimation de coûts, de temps.

Il faut prendre en considération que le coût des travaux ne sera pas négligeable. Les communes ne pourront pas prendre seules en charge ces travaux. Ceux qui dirigent l’état cherchent plutôt à trouver le moyen de donner moins d’argent aux collectivités.

Les services de l’état ont tendance à demander des études complémentaires (qui coûtent moins cher que des travaux et font passer le temps). Il remettent aussi en cause les règles qu’ils avaient précédemment établies. Avec ce que cela peut sous entendre de principe de précaution (trop exigent peut être?) mais aussi de volonté de prendre en compte les évolutions climatiques qui risquent de survenir.

Ce n’est pas pour autant que nous devons rester les bras ballants.

C’est de notre responsabilité d’élus d’appréhender tout ces facteurs, de les porter vers la population, de trouver avec elle des solutions, et de prendre, aussi avec elle, les décisions sur le développement du village.

Enfin… C’est, selon nous, ce que devrait être la responsabilité d’un exécutif local.

 

En passant | Cet article a été publié dans Nos prises de position. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Le risque inondation

  1. Roger Brun dit :

    Que ce soit a Montfaucon St Geniés Pujaut Sauveterre Roquemaure ce serait bien de ne pas
    construire dans les zones inondable.
    Je viens de trouver ça tout seul.

    • lucrou dit :

      Bonne réflexion Roger.
      mais à ce compte, il faut arrêter de construire sur le village hors de la montée de la plaine puisque en dessous, nous sommes sous le niveau du Rhône et donc à la merci d’une rupture de digue qui pourrait faire suite à la rupture d’un barrage et/ou d’un séisme.

      Peut être que l’on pourrait étudier la possibilité de déplacer le Village sur l’Aspre plutôt que d’y agrandir la Zone Industrielle…
      😉

  2. Roger Brun dit :

    Le premier lotissement a Roquemaure construit route de Nimes ça date des années 50.Mon père
    disait ils vont faire des oustaous(maisons)la ou ça se négue (noie).
    A cause de l’écoulement du vala de la croze c’est un quartier qui s’est toujours noyé et depuis on a continué de faire n’importe quoi.
    A Pujaut la construction d’une cave dans un ancien étang pour trouver plus bas fallait creuser.
    A Sauveterre un lotissement au quartier du garouyas.
    A Bagnols en 2002 le premier local inondé c’etait la caserne des pompiers etc… etc….
    Je n’en ri pas malheureusement c’est pas fini.

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