Yves Berton

Yves est mort ce dimanche 19 Avril 2015.
Mort. Ce mot peut sembler cru en ces temps où il est devenu obligatoire de mettre de la distance entre la réalité et les mots.
Mais ce ne serait pas lui être fidèle que de faire ainsi.
Je ne le connaissais que depuis moins de deux ans. Nous avons eu l’occasion de discuter et d’échanger par mail un peu.
Ce qui m’a le plus marqué chez lui, c’est sa volonté de voir les choses et de les nommer telles qu’elles étaient.
Au mois de septembre 2013, alors que nous ne nous connaissions pas, il avait décliné ma demande d’intégrer notre liste aux municipales parce qu’il avait suffisamment à s’investir dans les associations où il était membre. Aussi parce qu’il ne croyait plus trop en l’action politique. Je lui avais demandé s’il souhaitait être informé de nos travaux. Il m’avait dit « pourquoi pas ». Et il s’est finalement montré intéressé, participant à nos réunions de listes.
Sa volonté de voir les choses et de les nommer telles qu’elles étaient s’est aussi illustrée quand il a appris qu’il avait une tumeur au cerveau et qu’elle était inopérable. Il n’y est pas allé par quatre chemins pour me, nous, le dire. « Il n’en avait plus que pour quelques mois, un peu plus d’un an peut être. C’était comme ça. Il fallait continuer à vivre ». Et ce qui l’inquiétait le plus c’était de pouvoir rester maître de lui-même jusqu’au bout.
Il s’est montré fort quand je l’ai vu ou que j’ai échangé avec lui par mail.
Je sais qu’il ne voulait prendre aucun médicament qui puisse le soulager « et risquer de lui faire perdre sa tête ».
Comme nous n’étions pas proches, je suis resté en retrait. Je n’ai pas osé faire le pas de me rendre chez lui, d’aller le voir à l’hôpital. Peut être aussi par lâcheté, pour me préserver.
Il a tenu à prendre parti jusqu’au bout. Début Janvier, Il a signé l’appel « pour une majorité citoyenne » lors de ces dernières élections départementales.
L’annonce de sa mort m’est arrivée par différents canaux. Yves était quelqu’un de reconnu pour la sincérité de ses engagements et son action à les faires vivre. Il laisse un grand vide.
Nous ne nous sommes côtoyés que peu de temps, mais son empreinte restera gravée dans mon esprit alors que bien d’autres ce sont effacées. Il rejoint les quelques uns de mon panthéon intime que je commence à trouver un peu trop fourni.
Une fraternité de cœur, d’esprit et de valeurs.

Nous pensons trés fort à Martine et à la famille de Yves.

Luc Rousselot

En passant | Cet article a été publié dans les colistiers de Roquemaure. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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